Publiée le 9 novembre 2022

Actualité

Doc du mois : Marthe Ploquin, une musicienne dans la Grande Guerre

Cet extrait du journal de Saint-Jean-d’Angély permet de revenir sur le rôle des musiciens pendant la Grande guerre. Si certains artistes ont dû troquer leur tenue de concert et leur instrument de musique contre un uniforme et un fusil, les femmes musiciennes se sont aussi engagées, en particulier dans le secours aux blessés...

© AD17 Jx 4
L’Union nationale. Journal de Saint-Jean-d’Angély. Jeudi 24 mai 1917.
« Le dimanche 3 juin 1917, à 2h ½ précises, aura lieu, dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Saint-Jean-d’Angély, une audition musicale, donnée par Mlle Morpain et ses élèves (piano), Mlle Ploquin et ses élèves (chant) et M. Thiery (violoniste), au profit des blessés des hôpitaux de notre ville. »
©AD17 Jx 4

Le document du mois de novembre est un extrait du journal de Saint-Jean-d’Angély daté du 24 mai 1917 et conservé dans les fonds de la bibliothèque des Archives départementales. Il permet de revenir sur le rôle des musiciens pendant la Grande guerre. Si certains artistes ont dû troquer leur tenue de concert et leur instrument musique contre un uniforme et un fusil, les femmes musiciennes se sont aussi engagées, en particulier dans le secours aux blessés, et parmi elles, Marthe Ploquin.

Marthe Ploquin (1881 – 1936)

Marthe Henriette Ploquin naît à Paris le 21 janvier 1881, de Louis Alfred Ploquin, négociant, originaire de La Rochelle (Charente-Maritime) et de Marie Célina Schérer, originaire de Saint-Pol-de-Léon (Finistère). Lauréate du conservatoire de Paris, elle devient pianiste et chanteuse.

Portrait de Marthe Ploquin. 1913 (Collection particulière, avec l’aimable autorisation de Monsieur Jean-Christophe Ploquin)

Les recherches n’ont pas permis de déterminer le moment où Marthe Ploquin s’installe à La Rochelle. Peut-être a-t-elle souhaité s’installer dans le berceau familial à La Rochelle ? Est-ce la guerre qui l’amène dans cette ville ?

On la retrouve en 1914, comme professeur de piano et de chant, domiciliée au 15 rue des Saints-Pères à La Rochelle. Elle intègre à cette même période la Société philharmonique de la ville. Deux avis publiés en 1916 dans l’Union nationale, le journal de Saint-Jean-d’Angély, permettent d’apprendre qu’elle dispense également des cours de chant à Saint-Jean-d’Angély deux fois par mois.

La presse salue « son incomparable talent de pianiste et sa belle voix (…) d’un style large et pur ». Elle est décrite comme une « éminente professeur de piano ».

des concerts au profit des blessés

Dès septembre-octobre 1914, de nombreux soldats blessés sur le front arrivent à bord de trains sanitaires dans les gares de La Rochelle, Saint-Jean-d’Angély, Saintes et Rochefort. Leur accueil est organisé au sein des hôpitaux pour être soignés mais aussi pendant leur convalescence dans des institutions religieuses, collèges, écoles voire chez des particuliers.

Entre 1915 et 1917, les journaux l’Union nationale et la Charente-Inférieure annoncent des concerts, à Saint-Jean-d’Angély, au profit des blessés de guerre auxquels Marthe Ploquin participe avec ses élèves et ceux de Mademoiselle Morpain. En 1916, elle fait partie d’un ensemble de musiciens qui joue un Septuor de Camille Saint-Saëns pour la Croix-Rouge à La Rochelle.

Durant la même période, le Comité d’assistance aux réfugiés, aux victimes de la guerre et les Amis de la Belgique (Paris), est chargé d’organiser dans les départements des collectes de fonds (tombola, quête, concerts, etc.). On retrouve la mention de plusieurs spectacles -opéra, théâtre, concert avec la venue d’artistes de Paris - à Saint-Jean-d’Angély en 1914 et 1915 (E-Dépôt 87/372). Ces soirées musicales patriotiques permettent non seulement de soulever des fonds au profit des blessés mais apaisent et apportent un soutien moral aux troupes.

Après une carrière de professeur et de concertiste, Marthe Ploquin décède le 31 décembre 1936, à son domicile de la rue des Saints-Pères à La Rochelle.

.PDF

Document du mois : L’Union nationale. Journal de Saint-Jean-d’Angély. Jeudi 24 mai 1917.