Publiée le 6 juillet 2017

Actualité

Le général de Gaulle en Charente-Maritime le 23 juillet 1948

Document du mois des Archives départementales de la Charente-Maritime.
Été 2017

© Archives départementales de la Charente-Maritime. Coll. Ch. Genat 325 J

Le général de Gaulle vint à six reprises en Charente-Maritime entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et son retrait de la vie publique en 1969 : en libérateur du pays en 1944 et 1945, en homme à la conquête du pouvoir en 1948 et 1950, et enfin comme président de la République en 1963.

En 1948, il n’exerce plus de fonctions officielles. Il a démissionné du gouvernement en janvier 1946 et a fondé le Rassemblement du peuple français (RPF) le 14 avril 1947. C’est au double titre de l’Homme de la France libre et de président du RPF qu’il effectue une soixantaine de voyages entre 1947 et 1955, dont huit dans le Sud-Ouest et deux en Charente-Maritime, un le 23 juillet 1948 et un autre, plus discret à Fouras le 18 février 1950.

Une visite qui commence par Saint-Jean-d’Angély et Surgères

C’est à la demande d’Auguste Moinard, maire RPF de La Rochelle que le général de Gaulle accepte de venir inaugurer la stèle en l’honneur de Léonce Vieljeux, maire déporté et fusillé pour s’être opposé à l’Occupant. La date sera fixée au 23 juillet, comme en 1945, alors que les Rochelais avaient réservé au Libérateur un accueil enthousiaste. En Charente-Maritime, le RPF est alors présent dans 37 cantons sur 40.

Le général arrive en avion à Cognac puis le cortège, composé de 7 voitures, dont la décapotable du Général, s’arrête d’abord à Saint-Jean-d’Angély où les élus municipaux et les Anciens combattants et Résistants le reçoivent dans une ville pavoisée et où il dépose une gerbe au monument au morts. Puis il fait une halte à Surgères où l’accueil est tout aussi chaleureux.

Les cérémonies à la Rochelle

Le programme des manifestations rochelaises sera modifié car le gouvernement de Robert Schuman, au dernier moment, interdit à l’armée et au préfet Robert Hirsch d’assister aux cérémonies, dont le caractère est jugé trop politique. Les services de l’Etat seront seulement chargés de mettre en place un important dispositif de sécurité. Le maire de La Rochelle adresse une lettre de protestation au Président du Conseil, soulignant que les cérémonies prévues ont un caractère avant tout patriotique et commémoratif. Mais ce voyage, comme le soulignent certains anciens combattants et les partis de gauche, a également un coût jugé trop important dans le contexte de pénurie de l’après-guerre.

La photographie présentée figure l’arrivée du général de Gaulle à La Rochelle

Il est 14h. La première halte est place des Britanniques à Tasdon. Le Général descend de voiture pour rencontrer le maire et les personnalités qui l’attendent. Il porte un brassard de deuil en raison du décès de sa fille cadette Anne le 6 février 1948.

Les cérémonies s’enchaînent rapidement et sont chargées de symboles. Le cortège se dirige vers le port où le Général passe en revue les porte-drapeaux, puis il embarque sur une vedette pour jeter en mer une croix de Lorraine fleurie. Il se rend ensuite à pied à l’Hôtel de ville pour l’inauguration de la plaque à la mémoire de Léonce Vieljeux. Le Général rejoint la Place de Verdun pour la suite des manifestations où 15 000 personnes écouteront son discours appelant à l’unité des Français. La visite prend fin au monument aux morts.

Le Général quitte le département à 16h50 après un bref arrêt à Marans.

© Archives départementales de la Charente-Maritime. Coll. Ch. Genat 325 J